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Tous les rock critics citant des tonnes d’influences (ESG, Gang of Four, Eno…) pour chroniquer les disques punk funk actuels, vous le diront : tout n’est que recyclage. Et question recyclage, les Who Made Who (qui ont bien choisi leur nom, en référence au titre d’un album d’AC/DC) sont des professionnels rapides et efficaces. Véritable écologiste de la musique, le trio danois signé sur Gomma se propose de faire du neuf avec du presque vieux. Et ça marche. A peine devenue ringarde et jetée à la poubelle, la techno fait l’objet d’un revival ! Et comme c’est le retour du rock (vous n’êtes pas au courant ?), c’est à coups de riff de guitares qu’elle trouve un second souffle et redevient branchée. Merde alors ! Vous venez de balancer vos disques french touch de 1995. Vous avez finalement des rouflaquettes, une veste en cuir, des converses. Vous ne buvez plus que de la bière. Et voilà pas qu’c’est déjà le retour de la techno ! Pas d’chance !
Vous ne rêvez pas, c’est 2005 et tout le monde danse sur des versions rock de Flat Beat de Mr Oizo (« hein ?!? Cette musique répétitive avec une peluche ! ») et de Satisfaction de Benny Benassi (« hein ?!? Ce truc de beaufs ? »).
Ces reprises tirées du premier maxi de Who Made Who avaient de quoi inquiéter. Etonnement réussies, elles ont surtout permis de faire danser, de décomplexer les amateurs de techno has been et de relativiser l’importance des modes. Ainsi, en 2003 avec son groupe LCD Soundsystem, James Murphy ironisait sur les fashion victims de la musique: “I hear that you and your band have sold your guitars and bought turntables. I hear that you and your band have sold your turntables and bought guitars” (Losing my edge). Les WMW ont visiblement retenu la leçon : ils ont gardé les platines et les guitares.
En l’espace de quatorze titres ils délivrent une pop synthétique et enivrante. Alternant passages dancefloor (Rose), jams funky (Manuelle), expérimentations electro (The Loop), et ritournelles 80s (Space for Rent) leur album possède une vraie personnalité avec des tubes potentiels. Mais attention, il peut se révéler saoulant s’il est écouté d’une traite. Alors, autant éviter la gueule de bois et « consommer » ce disque avec modération. Après utilisation, n’oubliez pas de le placer dans le bac à recyclage.
OLIVIER RIGOUT