White Hassle délivre depuis huit ans un heureux mélange entre folk, blues et pop. Leur musique n’est donc pas très urbaine même s’ils viennent de New York et ont partagé l’affiche avec le Blues Explosion, The Walkmen et Pavement entre autres. Il arrive également qu’un scratcheur se joigne à eux sur certains titres. Révélé outre-Atlantique en 2003 grâce à l’album « The Death of Song » et le single « She’s dead », le groupe à géométrie variable mené par le chanteur/harmoniciste/guitariste Marcellus Hall, n’a cessé de gagner les faveurs du public et de récolter d’encourageantes critiques. Chaque chanson est écrite à l’ancienne : une voix et une guitare. La seconde guitare (pas de basse) et la batterie viennent enrichir les mélodies et soutenir le rythme ce qui leur permet d’avoir un son plus percutant et évite aux chansons de tomber dans le cliché. Précisons que si le groupe s’inscrit dans la plus pure tradition folk il ne verse pas pour autant dans le revival. White Hassle ne vendra surement jamais des millions de disques et ne révolutionnera pas la musique, mais a au moins le mérite d’écrire d’excellentes chansons qui restent dans la tête.
Olivier Rigout : Je vous ai connu avec l’album « The death of song », et dans le dernier album tu chantes “you want a singer baby, a singer songwritter maybe: someday I'll be both of these": vous n’arrivez pas à écrire de bonnes chansons selon toi ?
Marcellus Hall : Nos paroles sont plutôt à prendre au second degré. En fait je pense que les meilleures chansons, comme les meilleures oeuvres sont celles qui mêlent humour et pathos.
Quels sont les artistes qui y arrivent le mieux à ton avis?
MH : Leonard Cohen, Hank Williams, Bob Dylan, Randy Newman, Johnny Rotten, Mark E. Smith, Jonathan Richman, Marc Chagal, Raymond Pettibon, George Grosz, Ernst Ludwig Kirchner, Paul Pezanne, Robert Crumb, Arnold Roth...
Votre dernier album s’appelle “Your Language” et une chanson s’appelle « Vodka Talking » ; vous buvez pour affronter votre timidité et aborder les gens ?
MH : Non pas vraiment, je me prends rarement des cuites, ce qui est d’ailleurs sûrement mieux pour parler aux gens.
Parlons communication alors : comment avez-vous eu l’idée de vous appeler White Hassle, ce qui phonétiquement ressemble à White Asshole (ndr « trou du cul »)…c’est pas très malin.
MH : En fait c’est un jeu de mots sur la chaîne de restauration rapide américaine et spécialisée dans les hamburgers : White Castle. Et ça ne ressemble à « Asshole » que pour ceux qui ne prononcent pas le « H », comme en France…
Et dans votre label français, Fargo, personne ne se trompe ? Vous êtes potes avec d’autres groupes ?
MH : Bah je sais pas trop vu qu’on ne connaît pas Fargo très bien en fait. Mais on aime bien Clem Snide, qui sont aussi de NYC et on a récemment rencontré les Lords Of Altamont. Et on a un pote qui vient d’emménager dans une collocation avec Neal Casal, je crois qu’il s’appelle comme ça.
Oui, je connais. Y-a-t-il des artistes que vous détestez ?
MH : La liste est longue, mais sans réfléchir: Stan Getz, Miles Davis, Stanley Clarke, Mariah Carey, George Gershwin, Limp Bizkit, Garth Brooks, Puff Daddy, Belle & Sebastian….
Vous téléchargez des morceaux sur Internet?
MH: Oui bien sûr. Récemment j’ai telechargé Jive Talkin des Beegees, Happy Birthday de John Lennon et Ode to Billy Joe par Bobbie Gentry.
Dans le disque il y a une reprise du classique « You’d be surprised » en duo avec Shivaree. Quelle est votre approche en terme de reprises ?
MH : Tout est dans le titre de cette chanson…Mais la meilleure reprise du monde est « Satisfaction » par DEVO.
Bien, avez-vous repris d’autres chansons qui pourraient nous surprendre et dont vous avez honte ?
MH : Je pense surtout à « Fixin to die » de Bukka White (aka Booker T), chanson popularisée par Bob Dylan. Le résultat était vraiment pas top.
Vos influences sont plutôt traditionnelles (folk, blues, country…), êtes-vous des fétichistes du matériel vintage ?
MH : Je ne sais pas me servir de Cubase ni autres Pro Tools et mes instruments de prédilection sont ma guitare Danelectro et les harmonicas Hohner.
Vous écoutez quoi comme artistes ou styles musicaux plus récents ?
MH : De l’Opera, du Rock, du Rap, du Gospel... Eddie Rabbit, Kraftwerk, Whitesnake, Perry Como,
Bonnie Raitt, Railroad Jerk, Jesus Lizard…
J’ai lu dans votre journal de bord que vous aviez eu la poisse la dernière fois que vous êtes venus en France. Mis à part le fait que tout le monde croit que le nom du groupe est « trou du cul », vous déclariez que vous vous êtes fait voler de l’argent, qu’aucun de vous n’a baisé et que vous vous êtes fait arnaquer dans une boite à Strip-tease. Alors « is life still sweet » comme vous le dites dans votre chanson ?
MH : Héhé !! Mais bien sûr, il faut juste faire des efforts parfois !
Dernière question : ton top trois des pires et meilleures choses en tournée ?
MH : Le trio gagnant des trucs cool : voir des superbes paysages, rencontrer plein de gens (et accessoirement embrasser…) et danser. Le revers de la médaille : conduire, trouver de la bouffe correcte et faire la lessive.