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Wax Tailor
"Comme une visite du Musée de Madame Tussaud"

JCLS aka Wax Tailor a d’abord été apprenti au sein du groupe La Formule (en tant que rappeur, compositeur, producteur et arrangeur).
Afin de produire différents projets, il crée en 1998, avec les suédois de Looptroop, son propre label Lab'Oratoire (Breakbeat Breaking the wave, Breathing Under Water).

Mais ce n’est qu’il y à trois ans que JCLS devient véritablement Wax Tailor. En pleine vague du renouveau rock, Wax décide de s’attaquer à un genre très 90’s et en perte de vitesse : le trip-hop. Genre vite rebaptisé Down Tempo, alors que Massive Attack et consort passent pour de vieux radoteurs. GenGenre vite re-rebaptisé abstract hip-hop, par de petits blanc-becs intellos, branchés, à lunettes, fans de Roots Manuva ou encore du Label Anticon.
Ces quelques précisions faites, il convient de se rendre à l’évidence : Wax ne verse pas dans l’anachronisme mais regarde bien vers le futur, même s’il reprend les armes des meilleurs de ses aînés, à savoir DJ Shadow ou Dj Cam.

S’il prenait le risque de passer pour un retardataire, son nouvel album Tales of the forgotten melodies démontre qu’il mérite amplement sa place parmi les grands de la musique actuelle.

Côté pur Hip-hop, citons Damn That Music Made My Day, Where’s My Heart’s at ou Walk the Line avec The Others en invités. Dans un registre plus calme, Our Dance, morceau sur lequel Charlotte Savary de Clover chante, apaise la tension, tout comme Que sera, avec Doris Day. Le sample de la voix de Nina Simone (tiré de la chanson Feelin’ Good), épouse à merveille les cuivres luxuriants et la basse féline de How I Feel.
Quant à Hypnosis Theme, sa partie de violoncelle fait tourner la tête.

Ainsi, Tailor est désormais passé maître dans la recherche de la boucle parfaite, scratchs subtils, samples malins, mix soigné et surtout compositions de haut niveau. En effet, l’écriture des morceaux est fine. La production, solide et discrète.Ce qui place le disque dans la continuité des deux précédents EPs, Lost the way et Que sera/ Where my heart's at.

Son pseudonyme lui va à merveille. Ce tailleur de cire, adore polir les mélodies, creuser les rythmes, ciseler les breaks et façonner des morceaux atemporels, entêtants et hypnotiques. Son obsession pour les ambiances cinématographiques version noir et blanc (cf la pochette du disque, les extraits de films de Hitchcock, les dialogues intrigants) plonge l’auditeur dans un mystérieux voyage ; un peu comme une visite du Musée de Madame Tussaud, alternant passages mélancoliques, délires paranoïaques, repos sur siège de velours…A la seule différence qu’ici l’univers n’est pas figé mais bien vivant.

Olivier Rigout