Les Trans de Rennes (7, 8 & 9 décembre 2006) by Bogadjo.
L'Agenda 21 mis en place par Rennes Métropole et affiché par les Trans pour 2006 est une belle réussite. A tel point que le « changement de comportement consommateur » s'est traduit par une baisse des ventes de tickets, mais un solide maintien des accréditions et places gagnées... Résultat des courses : 23 500 entrées payantes contre 28 000 l'année dernière !
Dommage, car jeudi, le concert inédit de Cat Power accompagnée de Judah Bauer (Blues Explosion) et Jim White (Nick Cave) est une réussite : son dernier album, The Greatest, distillé façon pub rock, est bu d'une traite par les poivrots du premier rang. Ambiance intimiste inhabituelle pour le hall 9 ! Malheureusement, en sortant, nous croisons les bien nommés The Horrors, qui ont pu se libérer du tournage de la Famille Adams 3 pour venir hanter les hangars des Trans. Terrifiés, nous allons nous coucher fissa, quitte à louper Pop Levi et I'm from Barcelona .
Vendredi, ambiance plus chaleureuse à la Cité avec les Sierra Leone's Refugee Allstars et leur reggae soul, suivis de Nicole Willis , venue défendre Keep Reachin' Up, accompagnée d'un big band finlandais ressemblant à des tubes d'aspirines. Retour en bus au Parc Expo : chauffeur, si t'es champion, conduis-nous aux Klaxons ! Une prestation béton pour les garçons britons qui trempent leurs caleçons. Sonnez hautbois, résonnez musettes ils sont là les divins Bishops et leur pop made in Jam & Costello : chantons tous leur avènement. Juste après, Son Of Dave bien qu'assis et armé seulement d'un harmonica et d'une boite à rythme parvient à faire danser tout le monde avec son blues endiablé. On continue avec une autre bonne surprise, Albert Hammond Jr. qui échappé des Strokes se montre plus pop, plus simple et plus touchant. Déjà bien sonnés, Cassius nous couche d'un uppercut groovy avec un live hystérique. Plus tard, malgré quelques verres avec Champi de Radio Campus Orléans, Francis d'Allez Les Filles et Philippe de Vicious Circle, les Long Blondes ne nous font pas beaucoup d'effet.
Comme d'habitude, le feu d'artifice du samedi rafle tous les suffrages. DJ Mehdi ouvre le bal avec un bon son dancefloor, quoique en décalage avec son heure de passage. Pour un son plus hip-hop, les culs blancs de Nouvel R maîtrisent leur sujet mais restent trop scolaires, le show ne prend pas malgré des progrès depuis le dernier trimestre. Plus haut en couleurs, le spectacle cul-black-électro-soul de Kudu fait coup double : installer une ambiance sulfureuse tout en attirant un large public dans le hall 4. Déjà bien chauds, nous marchons au pas de l'oie pour rejoindre CSS, la sensation annoncée du festival. Pas de teutons mais des tétons électro-clash, les brésiliennes hédonistes (et leur mac à la batterie) assurent, et confirment leur réputation de groupe de (-c-h-i-e-n-n-e-s) scène ! C'est à contrecoeur que l'on délaisse les Easy Star All-Stars et leurs reprises reggae pour se faire condamner à la surdité à perpétuité par Justice et leur set musclé qui rend fou. On voit des croix partout en ressortant : on jure de confesser nos péchés du week-end dès lundi !