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The Liars
"Un peu comme une classe de découverte avec ton école"

Après avoir publié deux disques radicalement diffêrents, They Threw Us in a Trench and Stuck a Monument On Top (plutôt punk funk) et They Were Wrong So We Drowned (plus psychédélique et considéré comme un suicide commercial), les Liars sont de retour avec un...heu...un disque...heu des morceaux...enfin ça s'appelle Drum's Not Dead. Pour situer l'ovni, disons qu'il s'agit de punk rock expérimental et bruitiste, dont la démarche artistique est proche de l'esprit Krautrock (Can, Neu! ce genre là). Rencontre avec Angus, le leader/gourou/chanteur/guitariste (accessoirement boyfriend de Karen O des Yeah Yeah Yeahs) quelques minutes avant leur concert extreme à la Route du Rock (la moitié du public en transe, l'autre moitié est partie...).

Angus, les Liars sont connus pour innover et surprendre le public. Comment décrirais-tu votre musique sans être chiant?
C'est une musique qui vient du Coeur. C'est quelque chose de visceral, pas forcément evident à comprendre ni à définir, mais c'est spontané. C'est n'est d'ailleurs pas que de la musique. "Mr you're on fire" du premier album ou "Pretty Suzanne Monk" du dernier n'ont rien à voir ensemble. Notre groupe évolue. Mais ce qui compte c'est de créer et de jouer la musique dont on a envie. Et quand on veut. C'est ce qui fait notre force, mais également notre faiblesse, car il est difficile de nous cerner.

Justement, les Liars ce n'est pas qu'un groupe de musique à écouter sur son iPod...
En fait au depart c'était un projet visuel, plus que musical. J'étais étudiant en Art à Los Angeles et j'avais vraiment envie de m'"exprimer", pardonne moi l'expression, de différentes manières. Puis j'ai rencontré plusieurs personnes dont Aaron et Julian qui m'ont permis d'envisager les Liars comme un vecteur multimedia. C'est pourquoi on a toujours voulu combiner la musique, les videos et les lives. Je conçois tout ça comme une experience.

Puisque tu aimes surprendre et travailler sur vos visuels, est-ce que tu serais prêts à avoir ta musique dans une pub pour Coca Cola ou Genaral Motors?
Pourquoi pas. Les gens savent qu'on aime changer. Je suis prêt à relever plein de defis. C'est ce qui nous motive. Pour l'instant on travaille plutôt sur les videos qui accompagnent notre musique mais on est pas contre mettre notre musique au service du soit disant "mainstream". Cependant, Drum's not Dead comporte son proper projet cinématographique. Les 36 vidéos ne sont pas là pour faire beau. On a pris la peine d'en faire trois par titre et de les inclure dans la version standard du Cd car on ne les voyait pas comme des bonus. Julian, Markus Wambsganss (n.d.O.R videaste recompensé par un award) et moi-même les avons realisés. Les Liars, c'est un job à plein-temps.

Mettons que tu sois obligé de trouver un travail comme Mr Tout le monde, qu'est ce que tu preferais entre:

a/ être conseiller dans une compagnie d'assurance b/ vendre des hot-dogs aux coins des rues de new York c/ être le garde du corps de Britney Spears?

Heu c'est assez compliqué, mais laisse moi le temps de réfléchir...je veux vraiment pas répondre à la légère...Je pense que je serais dans les assurances. Au moins j'aurais de l'argent et j'aurais le temps de faire ce que je veux à côté. Ce n'est certes pas rock'n'roll, mais je me fous des clichés de toute façon. J'imagine que j'éprouverais le besoin de rompre avec cette vie, d'une manière ou d'une autre afin d'évacuer ma frustration. Ce ne serait pas si mauvais que ça pour notre musique.

Justement, le dernier album semble avoir été influencé par votre delocalisation à Berlin. Les taxis jaunes et la clim vous manquaient?
Pas vraiment mais c'était quelque chose de marrant. Un peu comme une classe de découverte avec ton école. Ca nous a permis de nous redécouvrir. L'ambiance là bas est vraiment plus détendue qu'à Brooklyn. C'est peu cher et culturellement ça bouge. On s'y sentait vriament libres et comme en vacances. L'Allemagne a eu un passé mouvementé et on resent toujours l'influence de l'Est dans Berlin. On s'est servis de ces themes pour construire le côté schizo et dérangeant de nos chansons. L'idée de changement, de perte de repères et de reconstruction nous a vraiment inspiré.

L'album est basé sur deux "concepts" qui se répondent, se font echo...c'est le côté est/ouest de Berlin?
Ca se peut, on n'a pas vraiment défini ça dès le depart. Disons que Drum est la force du disque, celle qui décrit son aspect positif, qui va de l'avant sans reflechir. Et son negatif est Mount Heart Attack. Plus reserve, plus timide et craintif. En fait c'est plutot un échange entre Aaron et moi. On alterne les phases et les roles. Chacun de nous peut se sentir proche d'un des deux personages. On essaye juste de créer une tension qui touché les gens et les ammène à se questioner sur eux-mêmes.

Non merci à Kino et Thomas pour la "réalisation" de cette interview.