Nouvelle signature de l’excellent label Bordelais Talitres (The Walkmen, The Organ, The National…), le quatuor de Caen sort ces jours-ci son premier album… Par chance pour nos oreilles tous les accidents sont évités et aucune faute de gout n’est à declarer. Résultat : 11 titres empreints des meilleures influences anglo-saxonnes, d’un classicisme classieux et d’une fougue juvenile à faire pleurer Robert Smith. Et à faire craquer votre copine accessoirement.
OLIVIER RIGOUT: Au depart l’actrice Kim Novak avait était choisie par Columbia pour concurrencer Marylin Monroe…en vain…c’est pas de mauvaise augure pour vous?
JEREMIE (Chant, guitare) : Ah oui merde…dire que Talitres nous a choisi pour concurrencer Interpol…Au depart on voulait un nom en couleur mais de fil en aiguille on a pensé au film d’Hitchcock “Pas de printemps pour Marnie”, puis à “Sueurs froides” dans lequel joue Kim Novak. Il y avait aussi Grace Kelly dans le register Hitchcock mais on a bien fait vu le carton du single de Mika…Au moins Kim Novak ça évoque quelque chose pour les gens, meme s’ils ne savent pas forcément qui c’est.
A part Marylin Monroe qui sont vos concurrents, Marylin Manson?
Nous sommes mélomanes, avec une solide culture rock . Nos références sont Elvis, le Velvet, Bowie, les Smiths, les Cure, Roy Orbison…classique mais pratique. Du coup on est pas dupes quand on entend parler du nouveau phénomène rock de la semaine! On cherche juste à écrire de bonnes chansons, accessibles, simples, courtes. Bref, faire un bon album de A à Z.
Kim Novak a donné la replique a Frank Sinatra, avec qui voudriez-vous jouer?
Surtout avec des morts...mais aussi avec Jarvis Cocker, Thom Yorke, Bashung, Christophe. Mais pourquoi pas également avec Michel Delpech ou Garcimore…super bien orchestré!
Donc pas de filles? Mais en quoi votre musique est-elle blonde et plantureuse alors?
Il y a un coté sensual et feminin evident dans nos chansons. Avec des réferences “à toutes les filles que j’ai aimé avant”. On est pas Alice Cooper ou Manson!
Vous avez enregistré avec Markus Dravs de l’écurie FLAM comment c’était? Quels élements de son CV vous ont motivé?
Markus a produit Arcade Fire, un des rare truc genial du moment mais en fait on a surtout bossé avec lui au début sur les maquettes puis enregistré le disque avec François Chevalier. C’est un mec pro qui a sû capter notre énergie live…on a donc essyaer d’être les plus pro possible. C’est Sean de notre label Talitres à Bordeaux, qui nous avait fait quatre propositions et le choix s’est fait assez simplement et vite. On a enregistré au studio Factory à la campagne, entourés de moutons.
En parlant de mouton, vous avez pas peur qu’on vous colle l’étiquette “Interpol français”?
Nos influences sont anglo-saxonnes mais on fait bien notre boulot. C’est vraiment facile d’attaquer les groupes comme ça…mais je plains les journalistes qui réagissent comme ça, les pauvres ils doivent pas écouter grand chose. On chante en anglais, c’est plus spontané, sans pour autant être crétin. On allait pas se mesurer à Brassens, Gainsbourg ou Brel…Ce sont des references trop incontournable dans le paysage pop français, et le phénomène de mimétisme, d’imitation est trop dangereux. Et puis on est pas chauvins, on ne se sent pas le devoir de défendre notre langue natale. On cherche aussi à plaire à l’étranger. En tout cas on est flatté d’avor été choisi par Sean qui a sorti les disques de The Organ, the National, the Walkmen ou encore Piano Magic en France.
Si tu devais faire la promo de Kim Novak tu ferais quel pitch pour l’album et pour le live?
Je dirai que nos influences sont bien digérées et que c’est “nourri de bon gout”. Et comme dit Lenoir “ils reprennent le travail là où Interpol l’a laissé”. On ressemble aux jeunes d’aujourdh’ui, on n’est pas prétentieux et on sait qu’il n’y a pas grand chose de novateur depuis longtemps de toute façon. Dans le rock comme ailleurs. De toute façon avec internet tu te fais vite une culture musicale sit u veux, tu remontes jusqu’aux pionniers en quatre clics. D’ailleurs je pense pas qu’un mec comme Johnny Halliday pourrait émerger maintenant. Ceci-dit on a pas le complexe d’ infériorité du groupe français qui n’aurait soit-disant pas le niveau, qui serait un “ersatz de groupe anglais”. Ce qu’on recherche c’est le respect. On a le droit de ne pas nous aimer, mais au moins il faut reconnaître qu’on a bossé. On a pas forcément cherché à être différents, mais on se sent proche de groupes comme Nelson ou Pony Hoax…
Une petite palmade pour finir : si vous pouviez remonter dans le temps vous préféreriez coucher avec Kim Novak ou enregistrer un disque avec The Cure ?
Euh, la jambe en mousse…?