Est-il encore la peine de présenter Cornershop? Ce groupe touche à tout qui décroché la timballe en 1997 grâce au single Brimful of Asha remixé par Fatboy Slim encore peu connu à l'époque. Cette ode à Asha Boshle, actrice de comédies musicales bollywood est desormais devenu un standard de la culture pop anglaise, (presque) au même titre que le Waterloo Sunset des Kinks que Tjinder Singh et son accolite Benedict Ayres chérissent tant. Mais Cornershop n'est pas qu'un "one-hit-wonder" groupe: plusieurs excellents disques comportant toujours des singles forts, des titres à coucher dehors (When I Was Born for the 7 th Time, Handcream for a Generation, le dernier Judy Suck A Lemmon for Breakfast) et des pochettes soignées. Mélant un songwritting britpop classique à des sonorités plus electroniques, world ou hip-hop Corneshop a toujours été une sorte d'ovni dans le paysage musical. Et ca fait plus de 15 ans que ça dure. Jarvsi Cocker, Noel Gallagher et moi-même (c'est dire) en sommes fans. Rencontre avec Tjinder Singh qui évoque leur nouvel album, leur départ d'EMI, les poils de couille, des hippies en pyjamas et des outils de charpentier.
Olivier Rigout: J'ai vu que vous avez monté votre propre label et que vous faites quasiment tout tous seuls maintenant. De la production à la vente en ligne sur votre site. Ca fait quoi d'être libre?
Tjinder Singh: A vrai dire nous avions déjà notre propre petite structure et ce dès 1994, Meccico. Mais Ample Play est notre nouveau label à nous. On a un peu tout vécu, petits et gros labels et sans faire une réponse de normand, disons qu'ils ont tous leurs qualités et leurs défauts. Comme on est jamais mieux servis que par soi-même on a tenté l'éxperience en solitaires. Nous sommes très contents des résultats et du soutien quon a reçu d'un peu partout.
Et concrétement ça se chiffre? Tu penses que c'est indispensable maintenant pour vivre de sa musique d'intégrer soi-même le tryptique production/communication/vente?
Ca dépasse tout ce qu'on avait pu ésperer. Et au moins la compta est transparente. Pas d'embrouilles! Je pense que les groupes devraient s'impliquer dans ce qu'ils aiment. Je ne suis pas un donneur de leçons, Cornershop fonctionne comme ça c'est tout. Le principe d'orchestrer sa propre promo et son image a toujours fait partie du travail à vrai dire. C'est un travail quotidien. En étant impliqué on est plus cohérent, on comprend mieux ce qu'on fait et c'est plus stimulant.
Si tu devais avoir un pouvoir magique, ça serait lequel?
C'est déjà assez compliqué de vivre comme un simlple humain, je ne préfere même pas essayer.
Les supers pouvoirs ça serait la super pagaille! Mais de toute façon je suis déjà invisible. Ca m'est tombé dessus pasr hasard. Je vis avec. Pas humour.
Si tu pouvais retourner dans le passé qu'est ce que tu changerais?
Je ne changerais rien, pas même un poil de couille! Car ce poil de couille pourrait soit tout empirer soit sauver le monde de l'emprise de Jay Z.
Qu'est ce que vous avez fait depuis 2002 date de sortie de votre précédent disque Handcream For A Generation?
Eh bien, j'ai débord bien badé, car le disque n'a pas marché comme on l'esperait, même s'il continue à se vendre... Après j'ai fait un documentaire video sur ce que faire de la musique à Londres implique. J'ai élévé mes deux fils, puis me suis repris un fait un album plus disco avec mon co-équipier de toujouts Benedict Ayres. Ca s'appellait Clinton. Après tout s'est progressivement remis en route.
Quels sont tes plaisirs coupables en musique? Tes "Overground Supershits" préferées?
En ce moment je dirais The Rainbow Coloured Green Beans. Inutile de chercher ils n'ont jamais joué hors de leur chambre. Ils ont beau ressembler à des hippies en pyjamas leurs chansons sonnent vraiment comme une force surnaturelle, quasi intergalactique si tu vois ce que je veux dire.
Non. Pourquoi Judy suce un citron au petit déjeuner? Vous n'avez pas de corn flakes?
C'est aussi le titre d'une chanson de l'album, mais je l'aime bien parce que ça force les gens à réfléchir. Peut-être que Judy veut bien s'alimenter et rester en bonne santé. Ou pas. Non?
A fortiori je dirais oui. Bon, je sais que tout le monde vous bassine avec Brimful of Asha, mais si tu pouvais demander à un producteur de remixer une des nouvelles chansons, comme Fatboy Slim l'avait fait pour Brimful of Asha qui était devenu votre plus gros tube, tu demenderais à qui?
A vrai dire c'est lui qui nous avait demandé. Il avait fait ça gratuitement... Je ne saurais pas à qui demander aujourd'hui. Je vais attendre de voir si quelques poils de couilles se débloquent et si les The Rainbow Coloured Green Beans sortent de chez eux. Sinon, après réfléxion, Thomas Bangalter de Daft Punk pourrait éventuellement faire quelque chose. Mais on est surement personne pour lui... Mais en ce moment j'écoute pas mal Soko, Portugal The Man, Roop Rajni, Dilbar Singh & Sons.
Connais pas... Je me suis acheté le 45 Tours de The Roll Off Characteristics, sur lequel Jeffrey Lewis a fait un dessin "gravé" sur la face B. C'est possible d'avoir un autographe gravé quand vous passez à Paris? Si vous refusez je me scarifie avec le vinyl!
Calmos! Benedict a autrefois bossé chez un presseur de disques, Damont Audio Vinyl à Londres, il connait donc toutes les techniques. On a demandé à The Exchange qui masterise tous nos disques de nous sortir un vinyl vierge sur lequel Jeffrey a réellement gravé son dessin avec un amorcoir, qui est un petit outil de charpentier, une tige d'acier pour faire des trous. Après maints processus chimiques on l'a "vitrifié" pour faire un effet miroir. Mais pour répondre à ta question bien sur que nous pouvons dédicacer ton vinyl, même avec une fourchette.
Merci à Marie, Paskal Larsen, Ringo et Tjinder.
www.cornershop.com