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Festivals 2006
Printemps de Bourges, Art Rock, Le Rock dans tous ses Etats, Dour, La Route du Rock.

Record battu fin avril pour la 30ème édition du Printemps de Bourges avec 200.000 festivaliers sur 6 jours. Outre la venue de Jack Lang et de Bertrand Delanoë, ainsi que le stand open bar / bouffe du conseil général du Cher (à noter la croustillance des petits fours et le nombre exagéré de bouteilles de vin...), on retiendra l'éclectisme et la qualité de l'affiche. Les PuppetMastaz ont magnifiquement chauffé le Palais d'Auron avant le VJ-DJ set des mythiques Coldcut, suivi par les pitoyables Saïan Supa Crew. Champion a confirmé son statut d'ovni qui carbure aux guitares et aux samplers. Les Arctic Monkeys ont déçu alors qu'au même moment les Melvins administraient une sévère correction sonique au public à coup de riffs assassins : « mon meilleur concert de l'année » dixit un beau gadjo. Cocorosie et Emilie Simon ont quant à elles réussi l'exploit de plomber l'ambiance avec leurs simagrées hippies bobo en passant après Architecture In Helsinki. Heureusement les Flaming Lips ont sauvé la vie d'un grand nombre de festivaliers avec un concert digne du Mickey Club. Avec du LSD. Les survivants ont cependant été achevés par les mix endiablés de Justice et Modeselektor au 22 Est/Ouest, véritable repère à Pros (cf trois personne sans accred autour du cou dans la salle).


Début juin se tenait à St-Brieuc dans les Côtes d'Armor le festival pluridisciplinaire Art Rock. Entre expos, performances (mention spéciale à la danse du Japonais Hiroaki Umeda, entre Aphex Twin et Michael Jackson) et video projections le public a eu la chance de voir l'ensemble féerique de Goran Bregovic plus connu pour ses musiques de films ("Underground" d'Emir Kusturica, "La Reine Margot" de Patrice Chéreau). Les Fun Lovin Criminals ont déversé leur soupe sonore à base de « Biatch ». Tout un poème. Ce qui nous a permis d'aller à la mairie manger des galettes saucisses gratos avec du cidre gratis et des crêpes offertes : « c'est pas croyable ça, les jeunes qui viennent picoler ici au frais du contribuable » nous dira un des responsable de ce joyeux évènement ! Plus tard dans la soirée, Yoni Wolf et son groupe Why ? ont ébloui nos oreilles avec leurs ritournelles folk, teintées de spoken word et hip-hop. Avec leur pop sombre et mystique les Black Heart Procession ont permis d'assurer avec classe et douceur la transition vers nos oreillers. Le samedi soir, les Yeah Yeah Yeahs et dEus ont massacré nos oreilles avec des prestations très rock. Place ensuite aux phénoménaux Happy Mondays au grand complet avec Shaun Ryder et Bez en très grande forme, jouant Pills & Thrills dans son intégralité avant de finir par « 24 Hour Party People ». Sur la scène avec quelques litres de liches dans son grand corps malade, Norman me criera dans l'oreille « franchement c'est pas fort le son ». Après ça, Soldout paraissait bien anodin et le son encore moins fort. L'occasion rêvée pour jeter des canapés et des plaques d'égouts par dessus bord.


A une heure de Paris, se déroulait fin juin la 23ème édition du Rock dans tous ses Etats. Evreux accueillait cette année la légendaire Bettye Lavette, malheureusement ratée car programmée bien trop tôt. Rien de bien grave car le dispositif policier autour du festival constituait un superbe spectacle en soi, à moins d'être invité à y participer...« Teufeurs », « lascars », « indiens » ont ainsi eu l'honneur de se faire mordre le cul et dégueulasser leurs fringues par un berger allemand complètement incontrôlable, avant de faire un tour en fourgonnette... Les neo-punks bordelais d'Adam Kesher ont passé le barrage et dynamité le festival avant le raz-de-marée Katerine et l'electro-noise de Nathan Fake. Le lendemain, les Dirty Pretty Things de Carl Barat faisaient quelques reprises peu convaincantes des Libertines (« I get along »...tu m'étonnes) alors qu'au même moment les canadiens de We Are Wolves faisaient danser une petite centaine de festivaliers éméchés. D'autres rigolaient moins et se faisaient vider leur alcool par des flics en civils : « il faut payer ses bières 3 euros comme Mr tout le monde ». Voilà qui est dit. Juste après, Eddie Argos, le chanteur d'Art Brut récitera la programmation du festival en ajoutant « top of the pops » après chaque nom. Oublions la prestation ridicule des Infadels et saluons celle des Franz Ferdinand, maîtrisée à défaut d'être surprenante. Le nouveau roi mage de l'electro française Para One a par la suite dundundundé l'auditoire à coups galettes d'Epiphanie (son disque d'electro syncopée).



Le week-end du 14 juillet avait lieu en Belgique pendant quatre jours et pour la 18ème fois l'énorme festival de Dour avec plein d'allemands et d'hollandais en maillots de bain. Sous un soleil de plomb une fois. Outre l'immolation de festivaliers, le déclenchement d'incendies, les groupes de metal (je n'ai vu que Soulfly), de dub (High Tone), de reggae (The Congos) et les groupes de hip-hop (Klub des 7, Alias, Slum Village et Pharoahe Monch) il y avait aussi du rock. Du stoner efficace avec Hermano, au punk des Lords Of Altamont en passant par du français avec l'excellent Didier Wampas. Dès le premier soir, Primal Scream venait remettre les pendules à l'heure en succédant à Maximo Park. Le dernier jour était de loin le plus impressionnant avec un Jon Spencer en transe (Heavy Trash) et un Courtney Taylor majestueux (The Dandy Warhols).


Rendez-vous annuel le week-end du 15 août, la Route du Rock est toujours l'occasion de perdre du capital santé et de faire semblant de voir des groupes pendant trois jours au Fort St-Père (St Malo). Cette année Islands aurait été LA découverte pour les popeux malouins. Calexico aurait fait deux reprises classes : une de Guns of Brixton (Clash) et une de La Chanson de Prevert (Gainsbourg). Les Liars auraient fait fuir la moitié du public avec leur brouhaha intelligible, ou pas. Les Pipettes auraient fait un sacré effet aux garçons comme aux filles avec leurs pop songs 60s acidulées. Belle & Sebastian auraient mis tout le monde d'accord avec un set « best of » émaillé de pépites de leur dernier LP The Life Pursuit. Cat Power aurait joué trop longtemps, accompagnée par le backing band d'Eddy Mitchell. A la grande satisfaction de tout le monde, Katerine aurait multiplié par magie les kebabs, les bières et ses fans avant que Franz Ferdinand ne multiplie les hits.