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Choice Dainties
"Ta question est très pertinente"

Les chansons des Choice Dainties, ces friandises raffinées donc, agissent comme des Guet-apens. Vous savez ces gâteaux au chocolat dont il faut casser l'épaisseur sablée pour accéder au coeur plus tendre qui finit par fondre en vous. Les ingrédients sont de premier choix (Sonic Youth, Blonde Redhead..), la recette est simple (mélanger les mélodies et l'énergie) et le résultat goûtu (ces ambiances mi-fascinantes, mi-inquiétantes) avec du retour (ces larsens, cette reverb, cette saturation). Bref, c'est pour les coeurs de rockers comme dirait Julien. J'ajouterais même que c'est à consommer sans modération et qu'il n'y a pas de date de péremption, même si à l'image de la pochette très patchwork pop art on a plutôt affaire ici à une appellation d'origine incontrolable. C'est donc parti pour une interview type "cahier des charges". Ca c'est pour faire genre "les questions pourrites c'est un concept".

OLIVIER RIGOUT: D'où vient votre nom?
Maud Nadal (chant, guitare) : En réalité, on voulait s'appeler The Bergamots, mais c'était déjà pris par un groupe de Brno. Du coup, on s'est appelé les New Bergamots, mais entre temps, le batteur des Bergamots s'est étouffé dans son vomi, c'est pour ça qu'on s'est finalement appelé Choice Dainties. C'est du vieil anglais, ça sonne british, pas du tout comme nous. Finalement c'est ce qu'il y a de mieux, même si on nous demande souvent pourquoi : « choisis ton dentiste ».

Et pourquoi vous chantez pas en français?
Jean-Guillaume (basse) : On a longtemps hésité entre l'occitan (Maud est auvergnate), le bulgare (c'est beau), ou l'esperanto. On a finalement opté pour l'anglais, plus facile à défendre sur la scène rock parisienne. Ou internationale.
Maud : Il faut aussi bien avouer que l'anglais est la langue qui colle le mieux au style qu'on voulait développer, qu'on a toujours écouté beaucoup d'artistes anglophones, et que chanter en anglais, c'est quand même le pied.

Mais c'est quoi vos influences?
Xavier Guéant (guitare) : King crimson, Marc Ribot, Smashing Pumpkins
Jean-Guillaume Selmer : Bjork, Melt Banana, Rémi Sarasin, ACDC
Jean-Philippe Arnal (batterie)p: Led Zep, Miles Davis, Bernard Minet
Maud Nadal : Pj Harvey, Sonic Youth, Cat Power

Sinon, vous écrivez les paroles ou la musique en premier?
Xavier : On n'a jamais composé de musique en partant d'un texte préexistant. On bosse très souvent à partir d'un riff ou d'une partie instrumentale apportée par l'un d'entre nous. On est pas mal obsédé par la structure et les nuances dans un morceau. On travaille là-dessus un bon moment avant de penser au texte.
Maud : ce qu'ils ne savent pas c'est que je pense au texte et à la mélodie bien avant d'être obsédée par la structure et les nuances. Non, en fait j'essaie déjà des choses pendant qu'on bosse l'instru. Je m'inspire de ce qu'il ressort de notre travail. Ca peut très bien être une partie de batterie de Jp qui me donne envie de partir dans tel ou tel sens.
Soit le texte a été écrit à part, et ensuite adapté à la musique, soit carrément inspiré de la musique, et le voix posée comme une partie de guitare ou de basse. Dans tous les cas il est clair que le texte est au service du morceau ; le message ou l'histoire passe autant par la mélodie de la voix et ses réponses à la guitare, que par le texte.

Hein?
Maud : Ta question est très pertinente: 2, bécile, congru, continent, lapin a tué un chasseur.

Vous êtes plutôt live ou studio?
Xavier : Je préfère le live, le studio est trop frustrant, on ne fait jamais vraiment ce qu'on a envie de faire (pas d'argent), alors que c'est en live que le groupe délivre sa véritable identité sonore.
Jean-Guillaume : Je ne suis pas du tout d'accord. Non, au contraire, je pense qu'on est avant tout un groupe de scène. J'ajouterais qu'on aborde un peu le live comme du studio, c'est-à-dire qu'en sus de l'énergie, on cherche la propreté et la beauté du son, et qu'en studio, en sus de la propreté et de la beauté du son, on cherche à reproduire l'énergie de la scène. On aborde donc le studio comme un live, ou plutôt l'inverse.
Maud : Oui.
Jean Philippe : J'aime à la fois la sueur du live, et la poussière du studio.
Maud : Oui. Tout à fait d'accord avec Jp. Pour moi c'est vraiment deux approches totalement différentes de la musique. Le studio, c'est l'occasion d'expérimenter des choses, d'essayer plein de sons pour une même partie, même si pour notre album, la démarche était encore un peu différente. On peut refaire trente fois la même chose, s'engueuler pour une note : le studio c'est l'occasion de se prendre la tête. En live c'est tout le contraire, surtout pour moi qui ne suis pas une grande instrumentiste, je ne me permet pas d'essayer des nouvelles choses à la guitare sur scène! Je suis plus concentrée sur ma voix, et sur les gens qui nous regardent. Je pense qu'on essaie tous d'être le plus direct et spontané possible.

Bon et vous voyez comment votre futur?
Jean-Philippe : Dans l'immédiat, ce qu'on voudrait c'est partir en tournée. On se voit sur la route, guitares sur le dos, et jambon-beurre dans le sac-à-dos. On essaie dès maintenant de varier les plaisirs : nous nous sommes déjà aventurés jusqu'ici (Bordeaux), où l'on a partagé la scène de la salle Tatry avec entre autre Beautiful Lunar Landscape, un très bon groupe de chez vous! On est aussi allé jusqu'à Toulouse, Metz, et Nancy en novembre. C'est toujours chouette d'aller jouer ailleurs qu'à Paris ; on a à chaque fois eu la chance d'être super bien accueilli!
Dans le long terme, un succès d'estime nous suffirait, du moment qu'on a de quoi manger à la fin du mois (pour adresser vos promesses de don, myspace.com/choicedainties).
Maud : Et puis il y a l'album qui arrive, et qui n'attend qu'à être distribué sur le marché européen (c'est pour ça qu'on écrit en anglais). Ou japonais (c'est pour ça qu'on écrit en anglais).

It's Turning Red (Alter.K)
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