Dans les années 1980, Miles Tackett passait ses disques préférés dans des soirées hip hop et breakbeat en Californie. Ce n’est qu’en 1999 que ce DJ, accessoirement guitariste et bassiste de génie décide d’écrire ses propres morceaux dont Getcho Soul Togetha qui attire l’attention du label Stone Throw (Madlib, MF Doom, Quasimoto…). Un an après sort le premier album de Breakestra intitulé « The Live Mix Part 2 » qui est essentiellement constitué de reprises de morceaux des années 1960/70s. Reprises tellement bien interprétées (ce son, cette conviction !) que même ?uestlove de The Roots les samplait en pensant avoir affaire à de vieux enregistrements. Cet album leur permet ainsi de rencontrer De la Soul, Dj Shadow ou encore Macy Gray, avec lesquels ils collaborent ou assurent les premières parties de concert. Tackett qui déclare que « le hip hop est la seule musique capable d’emmener le funk dans le 21ème siècle » décide alors d’employer les services du MC et percussionniste Mixmaster Wolf afin de donner plus d’ampleurs à sa musique. En tant que perfectionniste Tackett rassemble une armée d’excellents musiciens (saxo tenor, trompettes, batterie, Fender Rhodes, trombonne, flutes…) et passe quatre ans à Los Angeles, à composer et enregistrer treize chansons originales. Treize joyaux formant un ensemble chaleureux et cohérent qui en 2005 est présenté sous le nom de Hit The Floor. Cet album sorti chez Ubiquity Records qui contient notamment le tube Family Rap (avec Chali2na et Soup de Jurassic 5) est défendu sur scène par huit musiciens incroyables dont les prestations endiablées font penser à celles de Lee Fields, Daps Kings, Maceo Parker, Sly and the Family Stone ou encore James Brown.
Olivier Rigout : Comment avez-vous décidé de passer le cap et d’écrire vos propres morceaux plutôt que de faire des reprise ?
Miles Tackett : C’était un besoin, une envie naturelle de faire ma propre musique funk. Au départ j’avais fait “Getcho Soul Togetha” pour voir si je pouvais écrire une chanson qui sonne comme la funk que j’aime. Que la musique et la production soient chaudes, brutes et puissantes.
J’imagine qu’il vous arrive de rencontrer des abrutis qui croient que le funk est has been…
MT : Je n’essaye pas de convaincre les gens de toute façon. Je ne m’en fais pas du tout pour le genre qui selon moi, a toujours sa place dans nos vies.
Justement, vous vivez à Los Angeles ; qu’est ce que vous aimez dans cette ville ?
MT : Modestement, je dirais que le mieux c’est quand je suis DJ. Je passe du funk et du Hip-hop. Sinon le must c’est de foutre le feu en concert avec Breakestra.
Et qu’est-ce que vous détestez à LA ?
MT : Le fait que tout ferme à 2H du matin.
Ah oui c’est dur ça ! C’est ce qui vous pousse à vous exprimer via vos instruments ?
MT : Non…enfin, je puise mon inspiration dans tout ce que je vis : les relations amoureuses qui foirent, les fêtes, même celles qui finissent à 2H...la frustration de se sentir impuissant face au monde extérieur. La musique est un langage universel, et je suis heureux de communiquer de cette façon.
Et donc quels sont les artistes actuels avec lesquels vous communiquez spirituellement ?
MT : Il y en a plein, Sharon Jones et les Dap Kings, Antibalas, Poets of Rhythm, les White Stripes…J’adore aussi Supergrass et les Bees…je vais pas commencer à tout énumérer sinon on n’est pas sorti de l’auberge.
At last but not the least, question « liste pour le père noël » : les artistes avec lesquels vous aimeriez travailler?
MT : J’adorerais faire quelque chose avec certains MCs comme Ghost Face, Cold Crush Brothers, Latte de Flavor Unit, les Jungle Brothers. De toute façon, on ne peut pas tout prévoir, le hasard fait parfois bien les choses…une fois de plus, si je commence à tout te raconter on va y passer la nuit.